Le treuil, l’ami du vélivole – partie 2

Un treuil dans le détail

Dans l’article précédent, je vous expliquais brièvement le principe du décollage au treuil

 

Rentrons maintenant dans le détail de la machine.

 

Tout d’abord, ce type de lancement n’est bien sûr pas une idée nouvelle puisque cela consiste en quelques sortes à mécaniser le lancement manuel (Sandow).
Au tout début, pas de machine dédiée à la tâche. Un bricolo à partir d’une voiture dont une roue motrice était dépourvue de pneu pour enrouler le câble fit très bien l’affaire. Pourquoi pas, à l’époque où les planeurs pesaient à peine plus de 100 kg.
Mais très vite des machines plus sérieuses sont apparues.
La plupart montées sur des châssis de camion, certaines, comme ici sont montées sur une remorque. Et il faut un tracteur pour les déplacer.

 

Vol à voile planeur - Treuil tracteur attelage

 

Le treuil est constitué des éléments suivants:

 

  • Une cabine de pilotage blindée et une radio pour dialoguer avec le planeur treuillé.
  • Un moteur thermique (et pourquoi pas électrique, si on lui fournit une énergie propre, non nucléaire).
  • Une chaîne de traction mécanique ou hydraulique permettant de coupler/découpler le moteur progressivement
  • Un ou plusieurs tambours pour enrouler le(s) câble(s)
  • Du câble en acier généralement Ø4mm
  • Un système de guidage du câble à l’entrée du tambour à base de rouleaux et de poulies
  • Un cisaille “coupe câble” de sécurité sur chaque tambour.

 

Sur ce treuil, la transmission est hydraulique. C’est un choix technique qui apporte tous les bienfaits de la technologie que l’on trouve sur les engins de chantier.
C’est robuste, réglable en pression (avec limiteur) et en débit.
Sur d’autres treuils, la transmission est mécanique et un embrayage transmet par frottement sec le mouvement au tambour. C’est un peu moins moelleux, il faut du doigté, mais cela fonctionne très bien.

 

Dans tous les cas il faut des Watt. On trouve alors de nos jours des moteurs de camion pour donner vie à tout ce petit monde.

Le treuil de cet article est équipé d’un Scania 6 cylindres en ligne turbo compressé de 380 CV .
En rapport avec les 100 CV d’un remorqueur ULM, vous comprenez que cela décape un peu plus au décollage et en monté.

Trueil-Malzeville-Moteur

 

Le principe de fonctionnement de ce treuil hydraulique

 

D’une façon simplifiée, on y trouve les organes suivants:

  • Le moteur que nous venons de voir
  • Une pompe à cylindrée variable avec limiteur de pression
  • Deux moteurs hydrauliques qui entraînent un…
  • Arbre d’entrainement pour les …
  • 4 Tambours (2 sont représentés) pouvant être liés à l’arbre par des …
  • Crabots.
  • Une bâche d’huile
  • Un filtre centrifuge
  • Un circuit de drainage (non représenté)

 

Le moteur fait tourner en permanence une pompe à cylindrée variable (A) qui par défaut ne débite pas (cylindrée nulle) malgré la rotation de son axe.
Le moteur est mis au ralenti entre deux treuillés.

Sur ce treuil, il y a quatre tambours pour les 4 câbles présents au starter. Le treuillard sélectionne le bon tambour à l’aide d’un levier qui, via un actionneur hydraulique (4), crabote le bon tambour (2).
Les autres tambours (1) ne sont pas crabotés (3) et sont donc en roue libre par rapport à l’arbre d’entrainement.

Pour un décollage, il faut toute la puissance disponible. le treuillard bascule alors le levier (1) en butée. Celui-ci est relié à la pompe à injection et le moteur est maintenu au plein régime durant toute l’opération.

Par une action progressive sur le levier (2), le treuillard augmente la cylindrée de la pompe (A). L’huile est aspirée de la bâche (C ), passe par le filtre, traverse la pompe et parvient aux moteurs (B) qui entraînent l’arbre et son tambour craboté (ici le deuxième).

A la sortie des moteurs, l’huile retourne à la bâche (C ).

 

 

Vol à voile planeur - Treuil hydraulique schema

 

Le fonctionnement est finalement assez simple et requière peu de dextérité du fait de la grande souplesse d’utilisation que procure l’hydraulique:

  • Un limiteur de pression réglé avant le décollage par le treuillard (en fonction de la masse du planeur) plafonne la tension du câble quelque soit la puissance du moteur thermique (sa gestion est simplifiée = toujours à fond).
  • Le pilotage du treuil se limite alors à la gestion du débit (= la cylindrée puisque la vitesse de rotation du moteur est constante) qui se traduit par une vitesse d’enroulement du tambour (donc d’avancement du câble).
  • La bâche d’huile est surdimensionnée par rapport aux besoins du circuit hydraulique pour des raisons de sécurité. En effet, en cas de « grosse fuite », il y aurait assez d’huile en réserve pour finir la treuillé.

 

Voilà pour la partie puissance.

 

Dans l’article suivant, je vous parlerai de la partie “mécanique” liée aux câbles.

J’espère que cet article vous a plu.
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