Le Starter chez les vélivoles

C’est pas un peu sportif comme nom ?
C’est à croire qu’il faut courir après les planeurs !
C’est quelquefois vrai lorsque l’activité bat son plein et qu’il faut vite dégager la piste avant le prochain posé.

Comme pour nos amis adorateurs de la course à pied, le Starter est bien le point de départ.

Mais le point de départ de quoi ? Des vélivoles qui courent ?
Non, dans notre cas, c’est simplement celui des planeurs lorsqu’ils sont en piste.
Mais le concept de « En piste » est un petit peu flou…

D’ailleurs si, du côté du hangar, vous demandez un à vélivole où se trouve le Starter, vous ne serez pas déçu par la réponse.

”Excusez moi, Pouvez vous me dire où se trouve le …

…Starter ?”

 

Bulle velivole-QFU Starter

Vous n’y comprenez rien ?!… c’est normal.

Voyons cela de plus près en commençant par le pourquoi du comment.
Dans un club de vol à voile, puisqu’il y plus de pilotes inscrits qu’il n’y a de planeurs, chaque machine est donc attribuée et partagée lors du briefing entre plusieurs vélivoles. Cela veut dire que chaque planeur fera dans la journée peut être 5 ou 10 décollages et atterrissages et qu’il faudra à chaque fois les manipuler pour les ramener au point de départ (au starter) pour un nouveau décollage.

On appelle cela des rotations et cela se produit tout au long de la journée (ou plutôt de l’après midi pour les vélivoles de plaine).

Tout ceci peut d’ailleurs paraitre, à l’œil, un peu brouillon lorsque l’on arrive sur un terrain de vol à voile en pleine activité.
Des planeurs au sol, on en voit quelquefois un peu partout.

On peut en trouver à différents endroits comme:

  • à proximité des hangars [1] (ou dedans [2] )
  • en bord de piste après l’atterrissage [4]
  • au starter [3]  (l’explication arrive)
  • ou simplement en train d’être véhiculés entre ces différents endroits [—-]

Pour illustrer voici une image du terrain de Nancy Malzéville lors de l’utilisation de la piste 26.

malzeville_Piste 26 Sarter

Le starter est en fait un concept purement vélivole qui n’existe pas dans le monde du vol moteur.
L’ autonomie de l’avion lui permet de partir de son stationnement devant le hangar et de rejoindre le bout de piste pour décoller. Au retour, il est en principe encore capable de rouler jusqu’à ce même lieu de stationnement pour qu’un autre pilote puisse le prendre.
Ce parking situé proche des bâtiments est donc un lieu d’échange, une frontière placentaire entre le monde en mouvement des avions et celui des hommes.

Coté vélivole, on pourrait faire la même chose. Celui qui vient juste de se poser se ferait aider à ramener sa machine jusqu’au hangar et refilerait son planeur à un autre pilote. Il faudrait alors l’aider à emmener de nouveau le planeur  en piste pour le décollage.

Cela fonctionnerait mais il faudrait marcher sur de longues distances et cela prendrait trop de temps. La longueur d’une piste en herbe est d’environs 1 kilomètre et le temps du vélivole est précieux car les ascendances ne dureront pas jusqu’au bout de la nuit.

Pour optimiser un peu tout ça, ces derniers ont tout simplement réinventé le camping ! (Oui, le camping en piste avec les voitures, les chaises, les tables, l’eau, le parasol, de quoi manger un peu  car les journées sont longues …)

 

Starter Malzeville Parasol et planche de vol vol à voile

 

Pour eux, le point de ralliement  ne sera pas devant le hangar comme chez le cousin motorisé mais en bord de piste, plutôt vers l’extrémité, de l’endroit où l’on décolle.

Ainsi, le lieu de vie se déplace des bâtiments vers la piste et  l’ensemble du matériel est emmené en une seule fois avant le début de la convection (généralement en tout début d’après midi), c’est la “mise en piste”. Les échanges de planeurs se font donc pendant toute l’activité en bord de piste ce qui explique la désertion des bâtiments en plein après midi.
Vous comprendrez alors pourquoi il est si difficile de trouver, vers 15h00 autour des hangars, une bonne âme pour vous renseigner le jour où vous vous décidez enfin à faire un baptême de l’air en planeur.

Renseignement_Starter

Ce n’est pas très explicite, c’est sûr !
Pourtant il faut les comprendre.
L’intérêt du vélivole n’est pas de traîner autour des hangars mais bien de voler tout en marchant le moins possible pour ne pas perdre de temps… et ça marche !

Mais comment ça marche ?

 

Le camping en bord de piste, c’est sympas mais où précisément ?

La position du starter est choisie chaque jour d’activité en fonction de la direction du vent (car on décolle face au vent).

La plupart des terrains de vol à voile n’ont qu’une seule piste. Cela donne la possibilité d’orienter les décollages de deux façons en positionnant le point de départ à une extrémité.
(Le terrain de Malzéville a la chance d’avoir 3 pistes, on peut toujours décoller face au vent. C’est une exception)

Les pistes en herbe des terrains de vol à voile sont relativement larges, en général 100 mètres et cela permet de réserver une partie (droite ou gauche) plutôt pour les décollages et l’autre plutôt pour les atterrissages (mais cela reste assez théorique).
Ainsi pour une piste, il y a déjà 4 possibilités pour loger le Starter.
Bien sûr, en fonction des particularités de chaque terrain, l’une ou l’autre des solutions sera la plus utilisée en fonction du vent dominant et de la place disponible pour stocker le matériel.

Le starter dans son ensemble sera donc en bord de piste. D’un coté ou de l’autre.
On n’installe jamais le starter en extrémité de piste sous la trajectoire des planeurs qui se posent ! (rien ni personne dans l’axe de piste, c’est le bon sens).

Pour Malzéville, voilà les positions usuelles du starter.
J’ai surligné les pistes en jaune car ça ne saute pas aux yeux.

Vol à voile malzeville positions starter

 

Allons voir cela de plus près

Que trouve-t-on au starter ?

  • Des planeurs bien sûr (sauf si ils sont en l’air, ce qui est souhaitable car ils sont fait pour ça… tout de même)
  • Des vélivoles car ils ne peuvent pas tous être en l’air en même temps (premier principe de la thermodynamique du vélivole)
  • Un remorqueur ou plus ou bien les câbles du treuil
  • Une ou des voitures de piste (avec le matériel de piste)
  • La planche de vol et la radio de piste.

Lors de la mise en piste, le matériel est progressivement amené à l’endroit choisi lors du briefing pour y positionner le starter.

Une fois arrivé sur place, on positionne la camionnette (ou voiture) que l’on appelle aussi “le Starter” à cause de sa fonction de mini tour de contrôle. Elle contient tout le “confort” et le matériel utile en piste (zone marquée “Starter” dans l’image ci-dessous).
Elle ne bougera plus de l’après midi.

Les voitures de piste apportent progressivement depuis le hangar tout un flot de planeurs. Il faut les stocker en dehors de la piste car elle est réservée aux décollages et aux atterrissages. On les placera donc, sur le bord en arrière du starter (mais pas en bout de piste) en évitant de les mettre dans une zone critique (en trait plein rouge) dans laquelle il pourrait arriver qu’un planeur au décollage un peu Rock N Roll termine sa course (Cela reste rare mais ça arrive… C’est ce que l’on appelle en jargon vélivole un « cheval de bois »).
On veillera également à les “entasser” dans un ordre logique vis à vis des priorités au décollage (zone marquée Stock planeurs). Les biplaces écoles et/ou les monoplaces qui partiront en circuit devront être les plus proches du bord pour ne pas perdre de temps.
Si on utilise ce mode de décollage, on laissera également de la place pour le ou les avions remorqueurs entre le starter et la zone de “cheval de bois”. Il pourront directement accéder à la piste pour se placer devant le planeur à remorquer.
On ne mettra pas non plus un planeur trop proche des avions car le souffle de l’hélice pourrait les malmener.

Les voitures de piste seront rangées en arrière à proximité (dans la zone marquée starter); prêtes à intervenir au premier atterrissage (si on ne peut pas ramener le planeur à pied).

Voilà, tout est prêt pour le début d’activité.
Le Starter c’est tout ça ! … si l’on ajoute des vélivoles bien sûr.

Starter QFU 26 Malzeville vol à voile

 

Il faut être un peu initié pour comprendre comment cela fonctionne. Les premières fois, on ne comprend pas grand chose aux mouvements qui se déroule au sol mais ça vient vite.

Cela demande d’ailleurs un peu d’organisation et d’anticipation pour que cela se passe comme sur des roulettes.
Le matériel au starter doit être stocké dans sa zone (planeur, avion voiture…bonhommes) et ne pas être entassé au point de ne plus pouvoir y accéder.

Profitez en pour aller jeter un coup d’œil sur le bon sens du stockage des planeurs en extérieur.

Finalement, l’important dans la mise en piste et dans le déroulement de la vie au starter, est de toujours dégager la piste le plus rapidement possible.
C’est le job de ceux qui restent au sol au starter en attendant de voler.
Aucun matériel stocké sur la piste d’une part et d’autre part les planeurs posés doivent être dégagés sur le bord rapidement puis ramené au starter.

Conclusion:

Le Starter est nomade. Il s’installe au gré du vent d’un coté ou l’autre du terrain de vol à voile.
Il est le centre de vie du club, en piste, durant l’activité vélivole (activité aérienne car il y a d’autres activités au sein du club) et les bureaux et hangars s’en trouvent désertés.
Si vous venez faire un baptême de l’air en planeur. Le mieux est vous adresser à l’accueil mais pour y rencontrer les vélivoles en plein après-midi cela ne va pas être facile… si il n’y a personne aux alentours du hangar pour vous accueillir, il faudra donc vous résigner à vous rendre en piste par vous-même !
Oui mais, pas n’importe comment…

Voir l’article sur ce sujet « Se rendre en piste »

Voilà pour cette vision du Starter.
Si vous découvrez le monde du vol à voile, j’espère que cela vous a éclairé.
N’hésitez pas à me poser des questions ci-dessous et faire découvrir l’univers du vélivole à votre entourage en partageant cet article sur les réseaux sociaux.

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